Kyoto, le Japon traditionnel

Yanis MOKRANI • 19 janvier 2026

Jour 10 - 13 novembre : Kyoto, 4ème étape

     Le temps passe trop vite, et nous nous dirigeons déjà vers Kyoto avec Margaux. Le reste du groupe continue leur voyage vers Tokyo. 
 
     Nous arrivons à Osaka où nous avons du temps à tuer. Nous faisons alors des gachas, des machines qui donnent une récompense aléatoire parmi plusieurs. Je repère une machine où je peux obtenir le professeur Layton, inspecteur et personnage principal d’une série de jeux vidéos basé sur des enquêtes et des énigmes à résoudre. J’ai 1 chance sur 5 et j’y crois. Je le veux. Je mets 300 yens, je tourne la molette et là : JACKPOT ! Je l’ai eu ! J’explose littéralement de joie. Je pense rester sur cette euphorie et ne pas faire d’autres gachas pour le moment. 
 
     Après un petit McDo délicieux, Je me dirige seul près d’une rivière afin de trouver le terrain de foot de la rivière, lieu iconique dans les premiers épisodes de l’anime Inazuma Eleven (que vous devez regarder car c’est trop bien) ! Le lieu est sympa, mais je ne retrouve pas exactement le même lieu que dans l’animé. Soit le terrain est trop loin du pont, soit le pont n’est pas le même. Je me contente ces images qui me satisfont quand même. Enfin arrivé à notre nouveau logement, épuisé de la journée. Plus jamais je trainerais ma valise, qui a d’ailleurs perdu un pneu. 

Jour 11 - 14 novembre : Musée du train et forêt de bambous

   Ce matin, nous partons tôt pour pour le musée du train de Kyoto, connu pour être le plus grand musée du train au monde ! Nous entrons dans un espace extérieur avec plusieurs train, dont le premier Shinkansen mis en circulation en 1964, années des Jeux Olympiques au Japon. Nous entrons dans le bâtiment principal : ce musée vaut bien son titre ! 3 étages occupés par de nombreuses installations racontant parfaitement l’histoire du train. 

     Par exemple, le Shinkansen a de nombreux points communs avec la formule 1. L’avant qui finit en pointe procure de l’aérodynamisme et est devenu de plus en plus long avec le temps afin de réduire les nuisances sonores à la sortie des tunnels ; le cockpit en forme de nid d’abeille et l’aileron de la formule ont inspiré la forme du Shinkansen respectivement pour la cabine de pilotage et les pantographes permettant l’alimentation en électricité.
 
     Le 14 octobre 1872 l’arrivé du train au Japon bouleverse la lecture de l’heure. Jusqu’au XIXe siècle, l’heure se lisait en fonction du levé et du couché du soleil ; une journée de 24 heures était traduite par 2 demi-journées de 6 heures numérotées de 9 à 4 (les chiffres 1 à 3 étant réservés à la religion). Concrètement, minuit et midi correspondaient à 9h. La lecture de l’heure n’était pas en phase avec la lecture scientifique de 24h. De plus, les heures d’hiver et d’été étaient différentes et mes heures étaient plus ou moins longues, ce qui n’aidait pas à établir des heures de passages fixes pour les trains. C’est alors que le Japon adopte l’unité universel du temps utilisé par tous, l’heure, le 1er janvier 1873.
 
     Avec le temps, le réseau ferroviaire s’étend peu à peu dans tous le pays avec de nouveaux trains, plus technologiques, plus pratiques, plus rapides : prendre le train devient un plaisir. Avant, des dagashis (littéralement « friandises futiles ») étaient vendues dans des dagashiyas, petites échoppes colorées des bonbons, des biscuits, des snacks et des petits jouets ravivant le coeur des enfants ; les voyageurs pouvaient acheter des ekibens pour manger dans le train, et c’est toujours le cas aujourd’hui ! Depuis la campagne publicitaire et touristique « Découvrez le Japon » de 1965, il est possible de se lancer dans une véritable chasse aux tampons présents dans des milliers de gares au Japon ! D’ailleurs 5 tampons exclusifs à superposer sont à trouver dans le musée. Il représente Thomas le train, très cringe… 
 
     Avec le développement des réseaux ferroviaires et l’augmentation du nombre de trains desservant différentes gares (express, trains spéciaux, trains rapides, etc.), il est devenu indispensable d’indiquer clairement les lignes et les gares. Pour ce faire, diverses mesures ont été prises, comme l’attribution de couleurs et de surnoms aux lignes, ainsi que le codage couleur des types de trains. De nombreuses compagnies ferroviaires ont également mis en place des plans de réseau comportant des symboles et des numéros pour chaque gare, facilitant ainsi l’orientation des touristes étrangers. Le musée était excellent, mais manquait cruellement de traduction en anglais pour comprendre toutes les informations. 

     Nous partons maintenant dans le quartier d’Arashiyama, très connu pour ses nombreuses boutiques, sa forêt de bambous et ses nombreux temples au bords des rues passantes. J’ai aperçu pour la première fois du cornichon placé sur un pic, assez marrant à voir ! Nous nous sommes éloignés des rues bondées pour rejoindre un chemin près d’une rivière qui nous conduit vers la fameuse forêt de bambous. Nous continuons dans des rues plus calmes où les artisans vendent des bijoux et de la vaisselle, faits maison à attention ! Puis, nous profitons d’un instant de calme et de sérénité dans le temple Adashino Nenbutsuji, temple aux 8.000 statues de Bouddhas, avant de conclure notre journée avec une magnifique gare entourée de tubes lumineux décoratifs.

Jour 12 - 15 novembre : Promenade en kimono

     Ce matin, je pars faire du shopping près de la gare de Kyoto au Yodobashi. J’achète une batterie externe et un lecteur de carte SD compatible avec mon téléphone dans un étage qui fait mal aux yeux : il y a beaucoup de signalétiques et les rayons sont décorés avec des couleurs criardes et des motifs complexes. J’achète un juste milieu entre une sacoche et un sac à dos. 
 
     Je rejoins Margaux dans une boutique de figurines abordables. Nous reviendrons plus tard en fin de journée. Là, on va faire quelque chose de cool : on va passer l’après-midi en kimono ! Nous avons réservé cette prestation quelques jours auparavant. Nous arrivons à 14h au 3e étage du bâtiment, nous déposons chacun nos affaires personnelles puis partons séparément nous préparer. Je me retrouve face à un dressing avec plusieurs tenues différentes. J’avoue ne pas comprendre quand je les regarde. Alors, je regarde les autres personnes en train de se faire habiller et je fais mon choix : un kimono marron foncé avec une veste marron claire et un noeud vert avec des motifs floraux jaunes. Je me mets en t-shirt et caleçon, puis l’habilleuse m’aide à enfiler l’ensemble. Elle me complimente sur le choix des couleurs (mais vraiment bien). Je rejoins Margaux avec sa tenue verte et rose, plus beaux gosses que jamais, sandales aux pieds, prêts à se promener dans les quartiers traditionnels de Ninenzaka et Sannenzaka. Ici, les rues sont traditionnelles avec des rues pavés, temples, sanctuaires et boutiques de souvenirs. Nous nous prenons en photo, fiers et puissants dans nos kimonos une bonne partie de l’après-midi avant de rendre les kimonos vers 18h. Nous finissons la journée avec notre butin : des figurines One Piece.

Jour 13 - 16 novembre : Mont Kurama

     1 heure de transport nous attend pour une destination hors de la ville : le mont Kurama. Nous prenons la ligne Karasuma en direction de Kokusaikaken, puis un train de la ligne Eizan Kurama traversant les montagnes et les arbres d’automne formant un tunnel de feuilles chaudes. Comme deux bons gaulois, nous mangeons du sanglier frit (sacré découverte) et des nouilles dans un restaurant calme près de la gare.
 
     Kurama est connu pour ses chemins en plein coeur des forêts, ses chemins de montagnes bordés par la rivière et ses nombreuses structures religieuses. L’entrée du mont Kurama est payante : 500 yens pour une ascension de plusieurs kilomètres et une vue à couper le souffle dans le sanctuaire Kurama-Dera. La montée est longue et raide : mieux vaut avoir de bonnes chaussures. La descente n’est pas plus simple avec des marches irrégulières et les racines des arbres. Mais, ça vaut le coup : il y a peu de monde et les paysages sont merveilleux. 
     
     Arrivés à la fin du parcours, dans une rue bordé par une rivière, nous visitons un dernier temple, Kifune, avant de redescendre la montagne, tout comme le cours d’eau. Dans le train, les lumières s’éteignent afin d’admirer le fameux tunnel de feuilles illuminé par les lumières extérieures, un instant d’immersion avant la fin de cette journée.

Jour 14 - 17 novembre : Musée du Manga, Nishiki Market et TeamLab Plants Biovortek

     Cette journée s’annonce riche en activités. Nous commençons par visiter le musée international du Manga, une sortie pas très chère car elle nous a coûté 7 euros par personne. À l’intérieur, des étagères bien alignés avec des centaines de mangas bien rangés. Ça m’a impressionné ! Quelques personnes lisaient bercés par des mélodies calmes et apaisantes. Une grande salle est dédié à l’histoire du manga. Ses origines remontent au VIIIe siècle avec l’emaki, un rouleau peint, et au XVIIe siècle avec les ukioe, des estampes. racontant de petites histoires de la vie quotidienne souvent caricaturales. L’âge d’or du manga a commencé en 1957 après la Seconde Guerre Mondiale. Osamu Tezuka, est le dessinateur qui a défini les prémices du style mangé que nous connaissons aujourd’hui. De nombreux mangakas conçoivent des histoires avec passion imprimés dans des magazines hebdomadaires qui seront imprimées sous le format d’un Tankobon, format du manga classique pour les histoires victimes de leur succès. Les Weekly Shonen Jump dévoilent plusieurs histoires d’aventure mettant en scène des héros courageux prêts à relever tous les défis et incarnant des valeurs inspirantes comme le dépassement de soit, l’amitié et l’esprit d’équipe. Les Weekly Shojo illustrent généralement des personnages féminins dans des histoires de romance. Ces magazines sont composés de 20 histoires faisant chacune 19 pages. Vois l’aurez compris : ce format devient vite épais et souligne la surconsommation des mangas. Ce musée était un peu court, mais intéressant pour découvrir des artistes ou lire toute une matinée pour seulement 7 euros.
 
     Nous nous dirigeons vers Nishiki Market, le lieu parfait pour manger. Les stands ne manquent pas : brochettes de viande, fruits de mer, biscuits, sucreries… Il y en a partout et ça sent tellement bon ! Nous commençons l’appéritif avec des longues chips sucrés de patate douce, puis je mange un concombre planté sur un pic. Nous passons au plat de résistance avec une brochette de crevette frit pour Margaux et une brochette de poulpe frit pour moi : succulent ! Puis, je m’arrête devant un stand de poulet. J’en achète, je le goûte et là… Boum ! J’ai adoré ! Le meilleur poulet de ma vie ! Et c’est grâce à la sauce qui donne tellement de goût ! Un régal des cieux, vraiment. Je suis contraint de déguster debout et immobile car dans la culture japonaise, manger debout et en mouvement est très mal vu. Mais, de nombreux stands Après dégustation de biscuits aux petits pois (oui oui, et c’est très bon), nous décodons d’acheter ceux aux morceaux de cacahuètes, un gros sachet ! Après avoir bien mangé nous déambulons dans les magasins pour digérer et acheter. Je me contente d’un ser de baguettes et quelques cartes postales. J’ai vu des haori, une veste que l’on porte au dessus du kimono. Le vêtement est intriguant. Nous finissons notre shopping dans le Nintendo Store de Kyoto, à quelques minutes à pied de Nishiki Market. L’endroit est sympa, mais les boutiques du Nintendo World sont mieux et plus immersives.
 
     La journée se termine avec l’expérience immersive TebLab Plants Biovortek. Nous entrons dans cette première salle, les murs sont animés par une composition florale. La nature prend littéralement vie, les cascades digitales coulent et des lignes au sol suivent nos pas. Une autre salle nous permet d’interagir avec des kanjis et invoquer les éléments naturels, le tout autour d’une musique immersive et douce. Nous évoluons au fur et à mesure dans des salles éveillant tous nos sens. La salle des guirlandes lumineuses entourée de mirroir sur les murs, le sol et le plafond offre une expérience vertigineuse. C’était tout simple, mais celle-ci m’a surprise. Nous entrons dans une salle avec une animation infinie. Des oiseaux volaient, tandis que des lignes suivaient leur trajectoire au rythme d’une musique puissante et dynamique. On en a vraiment pris plein la vue. Cette salle sera ma préférée de toutes. Nous sommes entrés dans des salles assez drôles comme celle des ballons qui formaient des tornades grâce à du vent soufflé à l’intérieur. Accompagné d’un jeu de lumière, c’était très beau à voir. La salle de la mousse était aussi grandiose. Avant d’entrer, on devait s’équiper d’un masque chirurgical. Une fois dedans, la mousse est en lévitation, comme des nuages dans un jeu de lumières aux teintes bleues et violettes, une image très poétique. La texture était curieuse : la mousse se désintégrait progressivement au contact de notre corps. Certains morceaux faisaient les rebels et arrivaient vers nous. Nous n’hésitons pas à avoir la main lourde pour les découper. Malheureusement, nous n’avons pas pu tout faire, mais cette expérience a été une parenthèse apaisante concluant une journée bien remplie.

Jour 15 - 18 novembre : Les temples de Ninenzaka

     Ce matin, mode anticipation activé. Pour notre prochaine destination, nous décidons de ne pas prendre nos valises, trop lourdes pour être mise dans le bus que nous prendrons demain : seulement les valises inférieures à 10kg sont autorisées. Nous les confions à Yamato Transports, spécialisé dans le transports des valises d’un point A à un point B. Ça a été plutôt rapide : on s’est présenté avec nos valises en main, remplit des papiers avec la date de départ et d’arrivé des valises, le lieu d’arrivé (Tokyo) et nos noms. 
 
     Puis nous retournons dans le quartier de Sannenzaka, celui où nous avons marché en kimono. Nous avons pris des forces dans un restaurant de Wagyu, une viande en dessous de la fameuse viande de Kobe, mais très délicieuse ! Nous traversons les ruelles, entrons dans les boutiques souvenirs qui proposent plus ou moins la même chose. 
 
     Nous remontons la rue jusqu’au temple Kiyomizu-dera que l’on visite. Il fut fondé en 778 et est depuis lors vénéré comme un lieu sacré dédié à Kannon Bosatsu. Il constitue la 16e étape du pèlerinage de Saigoku Kannon, un célèbre chemin spirituel. Le temple est réputé pour les eaux pures de la source « Otowa no taki » (la cascade du mont Otowa), qui jaillissent continuellement de la montagne. S’étendant sur environ 130 000 mètres carrés, son domaine est entouré de paysages naturels époustouflants qui se transforment au fil des saisons. Parmi les 30 édifices du temple, le hall principal, classé trésor national, abrite l’emblématique estrade « Kiyomizu ». Ce temple offre une superbe vu sur la ville de Kyoto !

     Loin de la foule, je termine la journée avec la visite des temples bouddhistes Ryōzen Kannon et Kodai-Ji. Le premier temple, dominé par une statue de Kannon, déesse de la miséricorde, honore les japonais victimes de la guerre du Pacifique (1941-1945). L’homme m’accueille au guichet et me donne un bâton d’encens. Je le plante dans l’encensoir, une grosse marmite remplie de cendres. Selon notre conviction, ce geste permet de purifier ce lieu et établir une atmosphère de paix, de sérénité et de prospérité, faire une offrande aux divinités ou favoriser la méditation. Le second, le temple Kodai-Ji, 

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